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Rencontre avec Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques
Bonjour.
Bonjour. Qui mieux que vous pour rejoindre les finances publiques ? Ce n'est pas une question, c'est une citation. Tout à fait. J'imagine que c'est avec émotion que vous avez retrouvé le ministère des Finances. Ah ça c'est sûr ! En fait, moi, la première fois que j'ai fait ce trajet, c'était en 2001.
J'ai été stagiaire avant même de faire l'ENA. Donc oui, évidemment, c'est un peu la maison pour moi, le ministère et maintenant ma maison, la DGFiP. Alors en quoi le passage du côté de la santé, puisque vous avez été, je crois, secrétaire général de l'APHP, et puis à la tête de l'Agence régionale de santé Ile de France ? En quoi ça peut contribuer à enrichir votre regard sur une administration qui est différente mais qui offre quand même quelques cours en comparaison ?
Bon alors parfois je dis que moi je peux comparer l'APHP et la DGFIP parce que c'est presque la même taille. Il y a un peu moins de 100000 personnes dans les deux cas. En vrai, c'est très très différent. La santé, c'est vraiment une politique publique coproduite. On a le ministère qui pense la politique publique, mais elle est mise en œuvre par des acteurs publics, des acteurs privés.
Donc c'est une administration qui est nativement ouverte sur l'extérieur, si je puis dire. Alors que la DGFIP pendant son enfance est plutôt vraiment une administration qui est construite sur ses missions. Qu'est ce qui vous a le plus frappé ou surpris en arrivant ici ? En revenant ? Alors ça a l'air un petit peu café du commerce, de l'engagement des agents, mais pour moi, ça a un sens très concret.
C'est à dire qu'on est à la fois la DGFiP avec des gens qui ont des métiers, il faut le dire en quand même assez technique, concret. La fiscalité, la comptabilité, le domaine et j'en passe. Mais qui justement pense à rendre ce service public accessible pour tous ? Toutes les personnes à la DGFiP de la Direction générale à l'agent d'accueil, se disent notre objectif passe cette matière compliquée justement de la rendre simple et d'améliorer le service au public.
Je trouve ça très marquant. Merci.
Je vais évidemment vous piloter un certain nombre de très gros chantiers structurants qui ont pour point commun amélioration continue du service rendu, comme le fait un beau partenaire des collectivités locales. Je crois qu'il y a tout à fait un rôle très important à vos yeux. Des conseillers aux décideurs locaux dans le cadre de la réforme du nouveau réseau de proximité a été lancé.
Cette nouvelle offre de service en fait un défi pour les collectivités locales. Donc, c'est conseiller aux décideurs locaux qui peuvent être là pour conseiller sur tout type d'opération. Les maires ont du budget. Oui, les maires, leur équipe aussi. Il faut dire les choses de collectivités, on va dire de taille intermédiaire. Ce qui est très important aussi, c'est les centres de contacts pour les professionnels.
Tu as tout à fait, C'est vraiment quelque chose qu'on a commencé pour les particuliers, avec l'idée justement d'offrir une réponse téléphonique. Mais pour dire les choses, ce n'est pas du call center anonyme. Au bout du fil, vous avez un agent de la DGFiP qui est capable de répondre à vos questions dans une très large mesure, ou de vous orienter vers quelqu'un qui vous répondra de vous donner un rendez vous téléphonique.
Et effectivement, comme ça marche, on le développe maintenant pour les entreprises et tout ça, ça s'inscrit au cœur de la démarche interministérielle services publics. Si mes renseignements sont bons, c'est une administration plus simple, plus proche, plus efficace. Oui, parce qu'on a toujours des progrès à faire pour la DG FIP, le sujet sur lequel il faut qu'on s'améliore encore.
Il y a déjà des très gros progrès qui ont été faits. C'est sur le décroché au téléphone, ça peut être un petit peu difficile, notamment dans les pics de campagne, quand tout le monde appelle un peu au même moment, si je puis dire, dans la fin de campagne sur l'impôt sur le revenu. Au delà de ça, l'important à la DGFiP, je disais, c'est de se rappeler qu'on est une administration multicanal.
Les gens qui peuvent, qui veulent venir nous voir peuvent venir nous voir soit directement dans des centres des impôts, soit dans les points de contact qu'on peut organiser dans les mairies, dans les maisons services. Ils peuvent nous joindre au téléphone. Et bien sûr, et c'est quand même aussi ça qui se développe le plus sur la période récente, ils peuvent ce qu'on appelle dans notre jargon faire des E-contacts, c'est à dire nous envoyer des mails par messagerie sécurisée où vos données personnelles sont protégées.
Et je pense que c'est aussi important de le rappeler. Ce qui nous amène au plan d'action. Simplifions, parce que je crois que des équipes, voilà, elles se taillent un peu la part du lion dans ce plan en disant qu'on est concerné par beaucoup d'actions. C'est vrai, ce qui a un peu défraie la chronique la suppression des Cerfa par exemple.
Donc pour donner une illustration concrète, ce matin, j'étais encore avec les équipes du ministère de la recherche sur comment est ce qu'on peut simplifier l'instruction des dossiers du crédit impôt recherche avec ce double pilier ? C'est un élément essentiel d'attractivité pour notre pays. Et puis voilà, on est quand même déjà faillibles. Donc il faut aussi faire des contrôles, mais les faire au plus juste, si je puis dire.
Et dans l'air raisonnable pour les entreprises. Alors simplification ou modernisation, ça passe par l'innovation évidemment. Aujourd'hui, innovation, tout de suite on pense qu'il y a, oui et on pense bien opportunités pour le service public, peut être aussi risques ou craintes à lever. Est ce que c'est votre vision à la DGFiP ? On a alors. C'est une petite équipe encore.
Mais oui, on a une équipe et j'en profite pour dire que c'est vraiment des agents de la DGFiP, C'est pas des prestataires qui travaillent sur l'intelligence artificielle. Avec des premiers cas d'usages notamment, on a développé en partenariat complet avec les métiers, un dispositif qui s'appelle l'amendement qui permet d'attribuer automatiquement des amendements aux bons services. Et vous savez, quand tous ces amendements déboule au milieu de la nuit, c'était quand même un gros stress pour les équipes, et ça, ça permet de faire ça.
En tout cas, voilà, moi, j'insiste à la DGFIP, il y a toujours un humain qui relie, qui valide. C'est une aide en fait, mais ce n'est pas ça ne remplace pas l'humain. C'est sur une des missions essentielles évidemment de la DGFiP, c'est la lutte contre les fraudes fiscales, sociales en partenariat avec l'URSSAF, etc. Et comment cette lutte plus plus être contre la fraude s'harmonise avec le souci de ce rapport de confiance qu'on a maintenant avec le contribuable qui s'est quand même fortement amélioré ces derniers temps.
Alors c'est au cœur du contrat entre guillemets social, que la DGFiP passe avec l'ensemble de ses usagers. Et je pense que c'est à la fois ça s'exprime par la transparence, vous savez, la déclaration pré remplie, j'imagine, vous vous en doutez, hein ? l'Administration fiscale, en fait, elle avait ses données avant, mais c'est aussi une manière de dire on ne fait pas semblant, vous cache pas ce qu'on sait, on les met sur la table.
On dit aussi très clairement que une très grosse part des contrôles fiscaux qui sont déclenchés, oui, ils sont déclenchés par des incohérences déclaratives. On a une cellule à la fraude déclarative. Donc c'est dans les plans de lutte contre la fraude de renforcer les moyens qui sont mis sur la lutte contre la fraude fiscale, d'être explicite sur le fait que les très hauts revenus et les très gros patrimoines, ben oui, sont plus contrôlés.
En général, ils s'y attendent. Et de se dire aussi on a un nouveau délit qui a été mis en place par la loi de finances encore récemment, d'incitation à la fraude fiscale. C'est c'est aussi ça la confiance, c'est d'être clair sur effectivement les conditions dans lesquelles on va appliquer la loi. Merci.
Vous venez d'aborder plusieurs axes d'action qui montrent qu'à l'évidence, les personnels et vous font un travail passionnant. Et pourtant, aujourd'hui, l'attractivité, c'est pas une évidence, c'est un défi. Moi, je pense que c'est un défi pour tout le monde, pour tout employeur. La DGFIP, elle a 1000 choses à offrir, mais elle n'est pas toujours bien connue de l'extérieur, voire elle fait peur.
On le voit, on a aujourd'hui, je dirais, encore beaucoup, beaucoup de gens qui s'intéressent à la DGFiP, qui passent les concours. On est aussi très fiers de recruter des alternants, des apprentis, des contractuels qu'on incite à passer les concours aussi derrière. Mais je pense que le monde a changé. On a aussi des gens qui se disent pas quand ils commencent, ils vont forcément faire 40 et quelques années à la DGFIP.
Donc il faut aussi qu'on soit très attentifs à l'attractivité, à l'entrée si je puis dire, et puis aussi à fidéliser bien sûr nos équipes. Et donc je vais vous demander un peu d'imagination. Oui, j'ai 25 ans, j'ai envie de rentrer à la DG FIP. Vous me dites quoi ? En quelques mois, venez participer au service public qui consiste à la fois à recouvrer l'impôt, tenir les comptes des collectivités locales.
On est un service public qui est au plus près des territoires. Vous savez, il y a un maillage important de la DGFIP, la DGFIP, je dirais, ça va de briefer le ministre ou essayer de le convaincre sur une disposition qu'on veut en loi de finances, jusqu'à, encore une fois, définir les conditions d'accueil des particuliers, c'est faire de l'intelligence artificielle, mais aussi se demander comment on fait évoluer les applications qu'on a construit dans les années 70.
C'est beaucoup du management temps. C'est aussi important de le dire comme ça. Encore une fois, dans dans un environnement autour de nous qui se transforme. Et la DGFIP a aussi un rôle économique. Donc on finance un services publics et on a un rôle très très important dans la vie économique du pays avec toujours cette envie d'améliorer la manière dont on rend le service et d'être à l'écoute de nos usagers, quels qu'ils soient, en considérant qu'en fait on doit et toujours et on peut et on doit toujours faire.
Merci, je vous en prie, merci bien. Au revoir.
Rencontre avec Marie Niedergang, directrice générale de l'IGPDE
Bonjour Marie Niedergang.Bonjour Christophe. C'est très sympa de nous accueillir ici. A l'IGPDE à Vincennes. Je crois que vous êtes arrivés il y a un peu plus de quatre mois et cette arrivée était en même temps un retour, un retour au ministère des Finances et puis un retour aussi à l'école si je peux dire. C'est un peu ça. Ça vous suit un peu toute votre vie, les finances et l'école.Alors je vais vous étonner, mais je suis déjà revenu plusieurs fois à l'école puisqu'en fait, il y a près de 20 ans, j'ai rejoint l'École Nationale d'administration l'ENA, pour la réformer, pour l'installer à Strasbourg, pour installer la scolarité et les élèves à Strasbourg. Et j'ai crée des programmes de formation, par exemple le cycle des hautes études de service public, le chef ou le programme de formation à la transition écologique pour les cadres supérieurs.
Et donc grand retour à Bercy ? Oui, avec une grande satisfaction puisque c'est un ministère qui, je peux le dire, m'a tout appris. J'espère pouvoir le remettre à profit ici à l'IGPDE. vous étiez auparavant à la dièse. La dièse, c'était la délégation interministérielle à l'encadrement supérieur de l'État qui existe toujours, alors que vous avez créé ou que vous avez contribué à créer.
Et puis interministériels, c'est à dire des structures qui sont placées sous l'autorité du Premier ministre, des structures en mouvement permanent, j'ai pu développer ce que je dirais les RH stratégiques, c'est vraiment important pour moi, c'est le développement du facteur humain. Et d'où la formation et la transmission formation pour que les gens gagnent en compétences, s'épanouisse, etc. Donc finalement, ça réalise un peu un rêve.
En fait, l'arrivée à l'IGPDE, c'est un rêve depuis de nombreuses années. Et puis ça me permet finalement de conjuguer le regard neuf. La culture du ministère, la culture de Bercy, tout en pouvant apporter et en capitalisant sur les différentes expériences que j'ai pu avoir à Matignon.
L'IGPDE, on connaît, tout le monde connaît. On croit connaître. Il y a plusieurs missions à l'IGPDE. C'est la maison commune de tous les agents de Bercy. Tous les agents de Bercy connaissent, tous les métiers du ministère s'y retrouvent. Et puis c'est aussi un lieu physique, un campus, on l'a vu lorsque nous sommes arrivés. Et puis évidemment, bien sûr, à l'IGPDE, ce sont des femmes, des hommes qui sont engagés, très professionnels et qui ne sont pas là par hasard.
A l'IGPDE, plusieurs univers coexistent au sein de l'Institut. D'abord celui de la formation continue avec plus de 500 actions de stages au catalogue, mais aussi la recherche et puis la préparation concours aux examens avec une équipe dédiée de 30 personnes. Je crois que ça c'est important car je crois qu'il faut aussi parce que ça parle, d'accord, ça parle à tous ceux qui nous écoutent en interne.
Alors, précisément parce que vous avez été aux manettes de la réforme de l'ENA, depuis, ça impacte telle formation, j'imagine, à complètement la réforme de l'encadrement supérieur. Elle a conduit à revoir les modalités de sélection, les épreuves de concours. Il y a un aspect. Et puis elle a aussi crée ce corps unique des administrateurs de l'État et l'IGPDE a dû prendre en compte toutes ces transformations pour revoir ces modalités de préparation aux concours internes, au troisième concours pour intégrer les ESPE, et puis aussi les voies de préparation pour la sélection au tour extérieur, le fameux tour des administrateurs de l'État et donc la recherche qui est peut être moins mise en avant, moins spectaculaire, connue des gens, mais qui est très très importante. C'était un point d'étonnement quand je suis arrivé à l'Institut. En fait, une équipe recherche qui poursuit une double mission. D'abord de nourrir un dialogue constant, permanent entre les praticiens et le monde de la recherche. Dans le domaine de la gestion publique, on peut citer la revue Action publique, Recherche et pratique ou bien des événements, des colloques.
Comme chaque année, je crois qu'il y en a un chaque chaque année, les Rencontres internationales de la gestion publique. Alors le prochain, c'est quand ? C'est un scoop, Je vais vous le donner le 14 novembre autour de l'intelligence artificielle. Celui ci, il est, il est attendu et je pense qu'il sera suivi. Alors ça, c'est pour le présent et l'avenir.
Mais il y a aussi la mémoire, il y a aussi la mémoire. C'est valoriser tout le patrimoine de l'histoire économique et financière. Avec 200 200 ouvrages qui ont été édités par l'Institut jusqu'à ce jour, un comité d'historiens, 25 historiens, le Comité d'histoire économique et financière qui est animé par les Gépides. Quand vous êtes arrivés assez vite, vous avez donc initié une démarche pour un nouveau cadre d'action stratégique.
Vous pouvez nous préciser un peu de quoi il retourne ? C'est vrai. Quand je suis arrivé de la première semaine, j'ai souhaité recueillir l'avis des agents parce que j'avais tout à apprendre de leur part et j'ai organisé une petite équipe projet non hiérarchique qui est le reflet de tous les univers que je citais au sein de l'IGPDE pour élaborer la fin de l'année et co-construire ensemble cette nouvelle feuille de route 2025 2027.
Donc évidemment, avec des priorités, oui. Quelles sont elles, vos priorités pour les temps qui viennent ? Alors, la première priorité, d'abord, c'est de maintenir le haut niveau d'excellence de la formation. C'est quand même notre raison d'être. Nous avons une offre de formation qui doit aussi s'adapter aux nouveaux usages, la formation à distance. On doit absolument progresser dans les classes virtuelles qui doivent devenir une expérience de formation à part entière, une formation, elle doit permettre de passer à l'action dans son quotidien professionnel où elle doit permettre, vous le disiez, de réussir un examen ou un concours.
Deuxième priorité, je crois que vous y tenez beaucoup. C'est c'est s'inscrire dans le paysage interministériel. Oui, je pense qu'il est fondamental pour l'Institut de s'ouvrir, de peut être renforcer des partenariats pour qu'ils aient la lisibilité et la visibilité surtout aussi suffisante au sein de l'écosystème interministériel. Et alors ? Troisièmement, et enfin, et peut être avant tout les RH. Oui, la formation, c'est un levier très fort de l'engagement des collaborateurs.
Toutes les études le montrent. Et puis l'Institut, il agit à chaque étape de la chaîne RH le recrutement, la prise de poste, faciliter les prises de poste, la promotion. On en parlait et puis aussi l'adaptation des compétences. Et ça, c'est vraiment, c'est vraiment pas seulement pour les grands cadres, mais vraiment pour tous les agents et pour tous les agents.
L'offre à destination de tous les agents. Elle va de l'initiation à l'expertise. Nous accordons beaucoup d'importance aussi aux aux compétences numériques, avec une belle offre à la fois très spécialisée pour les informaticiens où à la fois très, très grande, très grand public pour tous les agents de Bercy. Je crois que c'est important, vraiment, pour l'attractivité, parce que c'est vraiment une marque de fabrique de l'IGPDE.
On peut attirer encore dans ce ministère beaucoup de gens parce que l'offre de formation est là. Et puis il y a de fidélisation, bien sûr.
Alors, on se retrouve ici, dans ce bel espace de coworking, comme l'on dit. J'imagine que vous n'avez pas de rapport d'étonnement. Vous n'êtes pas forcément étonnés. Je crois comprendre que ça correspond à peu près à ce que vous attendiez d'être ici, au sein du secrétariat général, dans ce dossier, dans ce bel IGPDE, ce bel institut.
Oui, tout à fait, j'avais l'intuition avant d'arriver à l'IGPDE et désormais c'est une conviction que plus que jamais, on a besoin d'un institut comme l'IGPDE. Donc toutes ces composantes pour adapter les compétences à la fois au monde d'aujourd'hui mais aussi au monde de demain et si possible avec une longueur d'avance. Voilà quatre mois après mon enthousiasme, mon énergie soit intacte.
Merci encore.Merci.